D’après l’enquête nationale des ménages du quatrième trimestre de 1997 – 2001 de l’INEI, en 2001, 24,4% de la population péruvienne vivait dans une pauvreté extrême. Et, dans cette même année 2001 et selon la même source, 51.3% de la population rurale vivait dans la pauvreté. Que signifie la pauvreté extrême ? Il s’agit de personnes qui survivent avec moins d’un dollar par jour. Pouvons-nous imaginer comment vivent ces personnes, comment elles s’alimentent, comment elles s’habillent, comment elles se logent, comment elles soignent leurs maladies, comment elles éduquent leurs enfants ? Rien que d’y penser, nous ressentons des frissons dans tout le corps.
Mais aujourd’hui notre Mouvement défend l’idée que la pauvreté et l’extrême pauvreté peuvent être éradiquées. En premier lieu, en venant à bout du chômage qui touche ces familles. Ensuite, par le moyen d’une répartition à parts égales du résultat de la production nationale, à commencer par la répartition égalitaire des bénéfices des entreprises publiques et des entreprises à caractère social qui se créent.
Le Pérou est victime d’une configuration mondiale où les capitaux et les produits circulent librement, mais pas les personnes dont l’émigration est empêchée par les États - qui se chargent, presque exclusivement, de la répression. Cette configuration mondiale favorise uniquement les grandes puissances industrielles qui commercent avec nous dans les termes d’un échange inégal. Des matières premières bon marché sortent de nos pays tandis que des produits finis et des machines nous arrivent des grandes puissances à des prix très élevés.
En même temps, les patrons étrangers et nationaux exploitent une main d’oeuvre bon marché, payée au minimum vital. C’est ainsi que le salaire minimum au Pérou est 60 fois inférieur au salaire minimum en France, par exemple. Et la situation est bien pire pour les millions de Péruviens qui n’ont pas de travail. Les patrons ont besoin de cette force de travail inemployée pour bloquer au minimum vital les salaires de ceux qui ont un travail. Employer les chômeurs représente alors non seulement un revenu pour eux, mais aussi un succès pour l’ensemble des travailleurs qui verront augmenter leurs salaires, étant donné qu’ils n’auront plus la concurrence des chômeurs. Ceci est une première solution au problème de la pauvreté.
La deuxième solution n’est pas d’offrir des aliments aux Restaurants populaires, ni d’aller en montagne en apportant des ordinateurs, des chaussures ou des vêtements, comme Fujimori le faisait avec tant de démagogie. C’est en répartissant la richesse entre tous avec équité, en créant un revenu d’existence pour tous depuis l’enfance jusqu’à la vieillesse, ainsi qu’un revenu d’activité pour tous ceux qui décident de travailler de leur propre volonté. Cette répartition commencera avec la distribution des bénéfices des entreprises publiques et des entreprises à caractère social qui se créeront par le moyen d’un crédit gratuit sur l’initiative de personnes ou de groupes de personnes. La floraison de ces entreprises et l’exonération d’impôts pour les petites et moyennes entreprises privées créeront des postes de travail, ce qui est une façon plus efficace d’éradiquer la pauvreté que l’assistanat pratiqué par tous les gouvernements successifs. Notre Mouvement est prêt, en conséquence, à appliquer toutes ces mesures de justice sociale dès son arrivée au pouvoir. Maintenant, il ne manque que la mobilisation citoyenne en soutien à ces idées nouvelles. |